La rééducation

La rééducation occupe une place fondamentale dans le traitement des pathologies de l’épaule et la récupération de la fonction. Elle fait intervenir une méthode et des exercices spécifiques à cette articulation. Elle doit être particulièrement douce et non douloureuse.

Toutefois les suites de certaines interventions sont fréquemment assez longues.

L’OBJECTIF

Le but de la rééducation  de l’épaule est de restaurer une fonction aussi correcte que possible, c’est-à-dire :
– une mobilité complète et indolore,
– une force satisfaisante dans tous les mouvements
– une bonne stabilité de l’articulation.

1)  La mobilité de l’épaule ou du bras :

La récupération de la mobilité de l’épaule est souvent le premier temps d’une rééducation. Elle est initiée lorsque :

  • L’épaule s’enraidit spontanément de façon progressive comme lors d’une capsulite rétractile.
  • Le patient limité par sa douleur, ne parvient plus à monter plus son bras complètement pour éviter les   phénomènes douloureux.
  • Après une immobilisation dans une attelle, qu’elle ait été prescrite au décours d’une intervention, ou tout simplement à la suite d’un traumatisme (fracture ou luxation). Une épaule qui sort d’une immobilisation est effectivement enraidie. Certaines adhérences peuvent se former entre les tissus et l’os.
Mobilite-Epaule
suites-operatoires-reeducation

La période d’immobilisation consécutive à une fracture, un traumatisme, ou une intervention  doit être la plus courte possible pour éviter l’enraidissement.

Dès qu’on le pourra, on s’appliquera à récupérer  l’amplitude dans toutes les directions :

  • vers l’avant comme pour prendre un objet dans un placard (élévation antérieure),
  • sur le côté comme pour prendre un ticket de parking (abduction),
  • vers l’arrière comme pour attacher un soutien gorge (rétropulsion).

Ce premier temps de récupération de la mobilité se fait seul, ou sous la conduite d’un kinésithérapeute, allongé sur son lit à l’aide d’un bâton ou de l’autre bras, qui permettra à la main du côté sain d’entraîner le bras qui vient d’être immobilisé (rééducation passive). Cette rééducation se fera avec douceur, afin de récupérer progressivement toutes les amplitudes.

Articulation-Gleno-Humerale
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En aucun cas, on ne doit forcer ou provoquer des douleurs lors de ce premier temps de rééducation.

Le travail dans l’eau est idéal. Il est fortement conseillé de se rendre fréquemment à la piscine pour y exécuter les mouvements de la brasse.

Enfin, si la mobilité est réduite avant une éventuelle intervention, il est conseillé de récupérer ses amplitudes avant de se faire opérer.

2) La récupération de la force :

Une fois les amplitudes articulaires récupérées, période qui pourra prendre de quelques semaines à quelques mois, il est alors indispensable de commencer un travail de renforcement musculaire afin de restaurer une force aussi proche de la normale que possible.

Les séances de travail seront régulières et supervisées par un kinésithérapeute.

Les exercices spécifiques exécutés, soit avec une haltère soit avec un élastique, permettent de renforcer les groupes musculaires déficients :

  • Pour le sus-épineux :qui donne la force à l’élévation du bras, on se sert d’une haltère de moins d’un kilo, que l’on porte les deux bras à l’horizontale, les pouces vers le bas, en exécutant un mouvement de haut en bas de façon lente et régulière.
  • Pour les rotateurs, on se munit d’une bande élastique peu résistante.
  • En rotation externe : les coudes sont fixes au corps et l’avant bras exécute une rotation vers l’extérieur lente en tirant sur l’élastique. On répètera ce mouvement de façon régulière pendant  2 minutes sans provoquer de douleurs.
  • En rotation interne : la bande élastique est désormais accrochée à une poignée de porte et le coude fixé au corps, on cherche à tirer l’élastique vers le ventre.
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3) L’électro-stimulation :

Lors de la lésion de certains nerfs comme le nerf circonflexe qui innerve le muscle deltoïde, on assiste à une fonte musculaire rapide, puisque le muscle n’est plus stimulé par le nerf.

Dans ces conditions, en attendant la récupération spontanée de l’activité nerf qui peut prendre quelques mois, il est fortement recommandé d’exciter de façon artificielle le muscle afin d’éviter qu’il ne fonde.

On utilise pour ce faire un appareil d’électro-stimulation spécifique de type « Compex » qui permet de préserver le volume musculaire en attendant la récupération.

4) La stabilité :

Elle dépend essentiellement de l’intégrité de l’ensemble des ligaments de l’épaule. Mais elle est renforcée par les muscles rotateurs qui ont un effet de centrage dynamique de la tête de l’humérus dans la cavité articulaire de l’omoplate appelée glène. Le temps de renforcement musculaire des rotateurs est donc fondamental dans le cadre de  la prise en charge d’une instabilité de l’épaule qu’elle ait été opérée ou simplement rééduquée dans le cas d’une hyperlaxité ligamentaire.

EN RESUME

La rééducation de l’épaule peut de faire seul, ou surtout sous la conduite d’un
kinésithérapeute mais exceptionnellement dans un centre de rééducation qui solliciterait l’épaule de façon trop agressive. Elle se fera au mieux en piscine.
Une rééducation forcée ou douloureuse, risquerait d’entraîner une évolution vers une raideur de type capsulite rétractile.